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Pandemic Publishing ︎

  1. Call for Submissions, SOS Edition
  2. 3.29.20 Irina V. Wang
  3. Let Yourself Be Lifted Jackie Scott
  4. Art Is Everything Jen Liese
  5. Two Poems Ella Rosenblatt
  6. Living Room Dance Party Ariel Wills
  7. On Walking When Walking Is Advised Against Keavy Handley-Byrne
  8. Untitled Cita Devlin
  9. Ads in Corona Hannah Oatman
  10. COVID-19 and Communitas Elaine Lopez
  11. A Time for Pie Elizabeth Burmann
  12. How to Stay Motivated When You’re Stuck at Home Clarisse Angkasa
  13. Coerced Harmony (A Tour) Hammad Abid
  14. Zooming In and Out Tongji Philip Qian
  15. [Form] Ciara Carlyle
  16. Hi.txt Dan Luo
  17. A poem about boredom, a composite Maixx Culver-Hagins
  18. Eyewitness News Tristram Lansdowne
  19. Distance Maps Marcus Peabody
  20. Therapeutic Suggestion Maria Aliberti Lubertazzi
  21. Keep Your Heart Six Feet Away From Mine (and other moments) Arielle Eisen
  22. Twenty Instructions for COVID-19 Charlott Isobel Dazan
  23. Cuerno 1 y 2 Yan Diego Estrella Wilson
  24. A Monolith of Grief Regarding the Absence of Touches, or Letter to a Future Lover García Sinclair
  25. Coronavirus by the Thousands Drew Dodge
  26. Two Poems Kathryn Li
  27. Beds Are Burning Aleks Dawson
  28. Still Lifes Yidan Wang
  29. Fragments of Seva Jagdeep Raina
  30. Packing Up and Staying Woojin Kim
  31. Chronic Pain and Fermentation Ralph Davis
  32. Quarantine Letters Hannah Moore
  33. Sounds of Silence: An Isolation Soundscape Dara Benno
  34. 14 Day Detox for Designers Erica Silver


Winter 2020

  1. From the Editors
  2. The Phantom Audience, or How to “Really Do It” Asher White
  3. Some Dry Season(ing) / 5 Tales in an Embryo Room Yuqing Liu
  4. Throwing Salt, Constructing the Homeland Ariel Wills
  5. Infinity Balloon Man Jack Zhou
  6. Texas Triptych Ali Dipp
  7. Phenomenology of Bones Chris Shen
  8. Erlking Yiqun Zhou
  9. Trouble in Reality Elena Foraker
  10. Family Stories Gina Vestuti
  11. Treasure Reilly Blum



Fall 2019
     
  1. From the Editors
  2. Architecture and Its Ghosts Xuan Liu
  3. Fit/O!de Jeff Katz
  4. Desde La Chinaca y La China Poblana Ariel Wills
  5. Ballast Tiger Dingsun
  6. Love Letters Brenda Rodriguez
  7. The Anxieties of Plant-sitting Carol Demick
  8. Zadie & Teju Ariel Wills
  9. Smooth Stones Ali Dipp 
  10. Kantha’s Melodies Michelle Dixon
  11. Glory West Megan Solis
  12. The 50 Best Albums of the 2010s Asher White



Spring 2019

  1. From the Editors
  2. A Room without a View: Reflections on Studio Practice from a Privileged Poor Chantal Feitosa
  3. Between the Battlements Jeremy Wolin

  4. Accessing Color: Dissecting the Harvard Art Museum’s Forbes Pigment Collection Makoto Kumasaka
  5. British Club Tattoos Nasser Alzayani
  6. Making Space: Creativity and Resilience in War-Time Sri Lanka Elizabeth Dean Hermann
  7. How to Become Trans: A Proposal for the Modern-Day Gender-Agnostic Asher White
  8. Making It Up: A Conversation with Kent Kleinman Wen Zhuang
  9. “In Peace”: A Conversation with Matthew Shenoda Mays Albaik
  10. Suburbia_hours.mov Nora Mayer
  11. Negative Spaces Emily Wright
  12. Centerfold: Urgency Lab
  13. Rise Up: The Sunrise Movement Takes Root in Rhode Island Irina V. Wang
  14. After Strand Nafis White and García Sinclair
  15. Soldiers of Love? Karen Schiff
  16. Decoding Ghosts Molly Hastings
  17. An Annotated Bibliography Eli Backer
  18. Jesus, Marilyn, and Britney: Relationships between Religion and Celebrity Culture Nina Yuchi
  19. The Social (Antique) Network: Empathy in the Age of Digital Antiquing Zola Anderson
  20. My Little Episodes Michael Brandes
  21. Seeking Fair Game on Hidden Fields Reilly Blum
  22. The Should Be Here Is Not Here Joss Liao
  23. Index of Agency Sophie Chien
  24. Don’t Eat the Models Barbara Stehle
  25. Hypothetical Drink Personality Test: Who Said What, and When? Eliza Chen
  26. Dear Arabic Mohammed Nassem



Fall 2018 

  1. From the Editors
  2. How to Make a Person: A Recipe Mays Albaik
  3. Providence Votes Marcus Peabody
  4. Encounters with the Codex: Redefining Forms of Publication June Yoon
  5. How to Encounter a Puddle Anny Li
  6. A Brief List of Premises from a Maker Stuck with Paper, Politics, and Performance Yasi Alipour
  7. Art Writing and the Place of the “I” Randy Kennedy
  8. Written in Stone: Lineage, Legacy, and Letterforms Irina V. Wang
  9. The Unbearable Whiteness of Being (a Graphic Designer) Tiger Dingsun
  10. Colliers/Necklaces Théïa Flynn
  11. When One Door Closes: Examining Issues of Space and Student Curation on Campus Wen Zhuang
  12. Addressing the Empty Plinth: Lessons from Gallery Shows and Public Art Jeremy Wolin
  13. Modern Usage: In Conversation with Remeike Forbes Eliza Chen and Tiger Dingsun
  14. Dangling Threads: Remaining Unclear in Capital Everett Epstein
  15. A Vagabond Viking Voyage and Midsummer Daydream Mike Fink
  16. Everything is Interdependent Angela Dufresne
  17. La Bolita Elaine Lopez
  18. Bread Day Olive B. Godlee
  19. Against the Archive Satpreet Kahlon



2017 - 2018 

  1. Birds, Bees, and Beyond: The Nature Lab Evolves
  2. Concrete Mixer Drum Solo
  3. Negative Spaces
  4. “Printer Prosthetics” at NYABF
  5. On Writing: Nader Tehrani and Katie Faulkner
  6. On Writing: Marie Law Adams and Dan Adams
  7. On Writing: Kunlé Adeyemi
  8. Connecting Food and Design
  9. Remixing Architectural Discourse
  10. Genesis : 1: Beret Shit
  11. “No voy a actuar en el mundo antes de entenderlo”: Una conversación con Alfredo Jaar
  12. “I Will Not Act in the World Before Understanding the World”: A Conversation with Alfredo Jaar
  13. Imagining Irmgard
  14. Afterwords: Bite
  15. Afterwords: Portals
  16. Afterwords: Calendar
  17. Seeking Drafts

Colliers/Necklaces 

Théïa Flynn (BFA GD 2019) with translation by Théïa Flynn and Eliza Chen (BFA GD 2019)


Colliers



Jean est resté dormir quand même. Ce matin, j’ai décidé de me

faire une tartine. Je n’ai ni pain, ni pâte chocolatée. Il me faut exactement celle de la Migros, parce que je n’aime pas les autres marques. Celle de quand j’étais petite. Je me glisse hors du lit, et je ne le réveille pas. Il y a un courant d’air piquant dans tout l’appartement; c’est insupportable.

Il n’y a que très peu de monde à la Migros. Des vieux, un gars en chemise, des mamans qui ont déposé les enfants à l’école. Certains employés terminent de restocker. Mes yeux se posent vaguement sur un peu tout. C’est comme si ils étaient remplis de buée, comme en hiver avec les verres de lunettes. Je les sens bouger dans ma tête, triant le flou collectif des emballages étalés devant moi. Je dois en absorber la moitié à peu près. Halbfett Quark, Séré demi-gras, Quark mezzo. Magerquark, Séré maigre. Les fromages. Les yoghurts. Les mousses, les crèmes et les flans. Le papier métallique des beurres et leur luisance, baignés dans la lumière de cet énorme frigo. Salé. Demi-sel. Et les toutes petites perles froides qui se sont formées dessus.

Partout dans le magasin, il y les pancartes pastels qui annoncent Pâques. Elles pendent au plafond, attachées avec du fil transparent. J’imagine le magasin entier, tard dans la soirée: tout le monde juché sur des échelles jusqu’au dernier panneau, jusqu’à la dernière installation. Ou alors juste deux personnes, et les larmes des heures supplémentaires. Les pancartes se balancent doucement, criant en majuscules biscornues le retour du Lapin. Je regarde le sol. La pensée, l’image amère, me rattrape soudainement. L’image très forte du collier, argenté, qui s’est glissé sans faire exprès dans le décolleté. La voix tremblante, qui parle sans relâche, pour parler seulement.

Je m’efforce de continuer de lire. Lecture primaire des ingrédients visibles, d’abords. Les pourcentages de matières grasses, de sodium. La masse nette de protéines. L’absence totale de sucre et d’édulcorants. Ensuite, la lecture secondaire des tables aux quantités plus précises et aux composants indignes, en retournant, au hasard complètement, des pots sur leur étagères.

À l’étage de cette Migros-ci, quartier des Eaux-vives, rien n’est comestible. L’escalator qui y mène est très long et peu pentu. Tout semble couvert de poussière et d’étiquettes à rabais. J’admire les vieux pyjamas et peignoirs qu’ils vendent encore, ou les grands cartons coloré des poussettes à moitié prix. Il y a de sérieuses actions sur toutes les machines à faciliter la cuisine, comme des marmites vapeur. On m’avait informée de l’existence d’une machine dans laquelle on peut ajouter tous les ingrédients, crus et secs, et tout est cuit parfaitement. On utilise ça pour les spaghettis à la carbonara apparemment. Je ne sais pas quoi d’autre, par contre. Mais si je devais imaginer, ce serait ratatouille, tajine, et cetera.

Avec un goût tragique de container en plastique et condiments Maggi. Aussi, je suis sûre qu’elle aimerait si je lui en achetais une. Est-ce bête, de penser comme ça?

Malgré le déménagement, elle m’a paru inchangée, encore bien nerveuse. Comme j’avais eu peur de la retrouver responsable, soudainement. Comme si cette nouvelle adresse que j’avais dû ajouter à son contacte indiquait une nouvelle personne. Au contraire, elle était plus elle-même que jamais. Toute son essence se retrouvait dans ses tartelettes aux abricots, le même album qui a joué trois fois au moins, ses cinq tapis dépareillés. Elle était entièrement là, dans ses tasses de Nestlé. Le collier argenté, toujours perdu dans son décolleté. Le collier change tous les jours. Une fois, elle m’avait expliqué qu’elle garde son collier quand elle fait l’amour. C’est parce que ça lui donne de jolis seins. Elles les garde dans un grand tiroir d’une commode, et elle les y jette sans trop d’attention. Ils s’emmêlent à chaque fois qu’elle ouvre ou referme le tiroir. Mais jamais de collier perdu, oublié, mal-placé. Ils sont autour de son cou ou dans la commode. Elle en a un qu’elle porte qui est si magnifique; tissé de perles de nacre foncée, à l’aspect presque chromé. Pas tout à fait lisses non plus; on dirait presque des pois gelés. Une après-midi entière, j’ai observé son collier, isolé du reste. À quatre heure, quand les rayons à travers des stores ont rendu tout sucré, et que les murs ont fondu, les perles se sont activées. Elle a commencé à vouloir tout ranger, s’excusant de ce désordre si gênant. Je suis restée assise et je l’ai regardée. Les perles frétillaient, faisant la ronde tout autour de son cou. Après un certain temps, je lui dit qu’elles ressemblaient à un cortège de sardines qui faisait des cercles dans le noir des criques salées. Elle m’a regardée à son tour, enfin. Elle s’est approchée, a remonté sa robe, et est venue s’asseoir sur mes genoux.

L’unique vendeur qui passe dans cette partie du magasin avance et recule devant les articles. Je ne vois pas très bien quoi, de loin. Il a un calepin, il note des trucs. Il m’aperçoit, immobile au bout de l’allée, très rapidement entre un des ses va-et-vient. Quelques seconds passent puis me dit: « Salut ». Je hoche la tête juste. Je me rends compte que je ne m’attendais pas à être remarquée. Je m’étais imaginée jusque-là comme une présence minuscule et absolument imperceptible dans sa lenteur. Une mouche à fruit, isolée de l’essaim qui la pourrait la rendre embêtante.

C’est un printemps qu’on sent bien. On le sent au baiser de cette brise molle, à la lumière blanche du matin. Et il s’entend, aux mouettes et à ces autres oiseaux qui ont toujours marqué la fin de l’hiver. Jean s’est levé. Je lui explique ce que j’ai été faire. J’ajoute que j’avais besoin de prendre un peu d’air aussi. Je crains qu’il peine à me croire, tellement j’ai pris mon temps. « Mais tu as oublié le pain? » me demande-t-il pendant que je retire ma veste. Prenant mon temps toujours, je la dépose sur le dossier d’une chaise. Seulement ensuite, je lui réponds que oui, que ce n’est pas grave. Il reste le bout d’une baguette au pavot, un peu comme du gravier, mais ça ira.


Theia Flynn rêve de rejoindre l’industrie de l’edutainment.
Necklaces

Jean stayed for the night anyway. Today, I’ve decided to make myself a tartine. I have neither bread nor chocolate spread. I’d like exactly the Migros store-branded one; I don’t like the others. It’s also the same brand I had when I was little. I slide out of the bed. I am careful not to wake up Jean. A draft bites through the whole apartment. It’s intolerable.

There are only a couple people at Migros. Some elderly, a guy in a button-up, mothers who’ve just dropped off the kids. Some employees are restocking the shelves. My eyes don’t rest on anything. It’s like they’re fogged up, like spectacles in the winter. I feel my eyes move across the shelves, sifting through the blur of packaging laid out before me. I register about half: Halbfett Quark, Séré demi-gras, Quark mezzo. Magerquark, Séré maigre. Cheeses. Yoghurts. Mousses, double-creams and puddings. The metallic wrapper of the butter with its sheen, bathing in the light of the enormous fridge. Salted. Slightly salted. Tiny, cold pearls of condensation have formed all over them.

Everywhere in the store are pastel-colored signboards announcing Easter. They hang from the ceiling, held by fishing line. I imagine the store late at night: the entire staff perched on ladders up to last signboard, up to the last installation. Or, just two people, stuck with the bitterness of overtime. The signs swing gently, announcing in wobbly uppercase the Rabbit’s return. I stare at the floor. Suddenly the thought, the bitter image, it catches up with me. A strong image of the necklace—silvery—sliding unintentionally between her breasts. Her quivering voice speaking without ceasing, talking only to talk.

I try my hardest to keep reading. First, there’s perusing the lists of visible ingredients. The percentages of fat, of sodium. The net protein. The total absence of sugar or sweeteners. Then, there’s perusing the nutrition facts labels, showing more precise quantities and undignified components, turning around containers on the shelves with complete randomness.

On the upper floor of this Migros in the Eaux-vives neighborhood, nothing is edible. The escalator leading upstairs is very long and slightly sloped. Everything appears covered in dust and discount stickers. I admire the old robes and pajamas they continue to sell, or the large colorful boxes of half-priced strollers. There are serious rebates on all the machines that facilitate cooking, like steam kettles. I’d heard of a plastic machine to which ingredients could be added—raw and dry—and it would cook all of it perfectly. Apparently, it’s used to make spaghetti carbonara. I don’t know what else though.

If I had to imagine, it would be ratatouille, tajines, et cetera, but with the tragic taste of plastic and Maggi condiments. I’m sure she would like it if I bought her one. Is it stupid, to think like that?

Despite moving houses, she appeared unchanged, still nervous.

How afraid I’d been of returning to find that she’d become a responsible person, all of a sudden. As though her new address in my contacts made her completely different. On the contrary, she was more herself than ever. All her essence was found in her apricot biscuits, in the one album that accidentally played at least three times, in her five mismatched carpets. She was entirely there, in her cups of Nestlé. The silver necklace, always lost down the neckline. The necklaces change every day. Once, she told me that she always keeps the necklace on when she makes love. It’s because it makes her breasts look nice. She keeps them in the big drawer of a dresser, throwing them into it without paying attention. They get tangled every time she opens or closes the drawer. But a necklace is never lost, forgotten, ill-placed. They’re either around her neck or inside the dresser. She has one in particular that is so beautiful; it’s strung in pearls of dark nacre, with the look of chrome. Not completely smooth either; they look like frozen peas. One whole afternoon,

I observed her necklace alone, isolated from everything else. At four o’clock, when the rays coming through the blinds made everything sweet and melted the walls, the pearls became animate. She started wanting to tidy everything up, apologizing for the embarrassing mess. I stayed seated, and I watched her. The pearls wriggled, making the rounds of her neck. After some time, I told her that they looked like a procession of sardines, circling the black of the salty bays. She looked at me, finally. She walked towards me, lifted up her dress, and sat on my lap.

The only employee in this part of the store paces up and down the aisles, moving toward and away from certain items. I can’t see which ones, from afar. He has a little pad, he’s taking notes. He glances at me, standing immobile at the end of the aisle, in the middle of one of his back-and-forths. A few seconds pass, then he says, Hey there. I nod, and that’s it. I realize that I hadn’t expected to be noticed. Until now I had imagined myself as a tiny presence, absolutely imperceptible in its slowness. A fruit fly, isolated from the swarm that could make it a nuisance.

It’s a Spring that is felt strongly. It can be felt in the lips of the yielding breeze, in the white light of the morning. It can be heard in the cry of seagulls and other birds that have always marked the end of winter. Jean had gotten up while I was gone. I tell him what I did. I add that I needed a bit of air, too. I’m afraid that he doesn’t believe me, since I took so long. “But you forgot the bread?” he asks me, as I remove my jacket. Still taking my time, I lay it over the back of a chair. Only then, I answer yes, and that it doesn’t matter. There is the heel of a poppy seed baguette, a bit like gravel, but it’ll do.


Theia Flynn dreams of joining the edutainment industry.